Leguideinfo.net : dans la ferveur de la semaine de l’indépendance guinéenne, nous nous sommes intéressés à la place accordée aux tissus guinéens. Des habillements très prisés en ce moment, mais qu’est ce qui est entrain d’être fait pour pérenniser cet élan voir même inciter d’autres nationalités à adopter les tenues guinéennes ? Et comment combattre le complexe qu’il y a à l’interne et qui empêche certains guinéens de se sentir à l’aise dans le tissu de leur pays ? Pure fruit du hasard, nous avons rencontré la Directrice Générale Adjointe de l’Office National de Promotion de l’Artisanat entrain de quitter une cérémonie au palais du peuple à Conakry. Nous avons tout de suite été attirés par sa tenue à la forêt sacrée.
« Alors donc cette tenue pour moi représente une valeur culturelle, un patrimoine pour la Guinée en général mais particulièrement pour la région forestière. Donc pour moi porter cette tenue c’est aidé aujourd’hui les artisans guinéens, contribué à leur promotion, à leur valorisation mais aussi à la richesse économique. Donc porter cette tenue, voilà ce que ça représente », explique Madame Ifono Fatoumata Estelle Mansaré, Directrice Générale Adjointe de l’Office National de Promotion de l’Artisanat.
Porter les tissus guinéens devient de plus en plus à la mode sous le régime transitionnel du Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD). Au Conseil National de la Transition par exemple, obligation est faite aux conseillers nationaux de vêtir des tissus locaux pour assister aux séances plénières. Celui qui déroge à la règle s’expose à une punition pécuniaire. « L’intéressé verra une défalcation de 30 % de sa prime de participation qui seront réservés à des œuvres caritatives », selon Dr Dansa Kourouma, le président du CNT lors d’une des plénières au palais de peuple de Guinée.
Au gouvernement c’est devenu une tradition pour toutes les rencontres hebdomadaires des ministres de porter les tissus locaux. Un coup de pouce que compte exploiter la Direction National de l’Office National de Promotion de l’Artisanat.
Certains guinéens sont frappés par le complexe soit juste pour une question de choix hésitent à paraître dans les tenues locales. C’est le contraire chez notre interlocutrice.
« Non, cela ne me gêne pas pour plusieurs raisons. D’abord un, j’ai cette responsabilité de faire la promotion de ce textile-là, donc de l’artisanat. Deuxièmement, pour moi porter cette tenue c’est une fierté parce que je suis fière de porter ce qui appartient à la Guinée, quel que soit le problème qu’il y a derrière, la troisième chose, je suis fière de porter parce que j’aide et je contribue aussi à la richesse économique de mon pays. Au lieu d’enrichir, un chinois ou un japonais ou un français et cetera, je préfère enrichir le tisserand guinéen qui produit ici en Guinée à la sueur de son front et quatrième chose, je porte cette tenue pour faire la promotion du patrimoine culturel guinéen », se félicite la dame Mansaré.
Par contre, elle reconnaît que c’est aux tissus guinéens de se faire une place dans les cœurs des autres. Et qu’il est impossible d’imposer à quelqu’un d’acheter ce qu’il n’aime et ou un look qui ne l’arrange pas. Le travail revient aux tisserands et à l’administration.
« Ceux qui disent que ce n’est pas agréable de porter. Je suis d’accord avec ces personnes-là, mais aujourd’hui nous sommes en train de faire un travail énorme pour pouvoir produire un tissu de qualité et que chacun puisse porter avec fierté. Celui que je porte, si vous le voyez, c’est un pagne tissé. Il a été tissé avant d’être mis dans la teinture. Avant, ils prenaient effectivement les tissus dans la friperie qu’ils mettaient dans la teinture mais aujourd’hui on est en train de travailler avec les tisserands pour qu’ils produisent le textile neutre pour garder l’originalité et l’authenticité. Et c’est la même chose que nous sommes en train de faire avec le Lépi aujourd’hui que nous sommes en train de labéliser. Avant tu ne pouvais pas porter un Lépi et en être fier mais aujourd’hui tu peux porter qui ne teint pas et qui ne déteint pas. Tu peux porter un Lépi qui ne va pas se déchirer dès que tu t’assois. Donc c’est tous ces travaux que nous sommes en train de faire pour que le guinéen se sente dans ce qu’il a de plus cher », explique Madame Ifono Fatoumata Estelle Mansaré, Directrice Générale Adjointe de l’Office National de Promotion de l’Artisanat.
Les prochains mois ou années des artisans locaux se verront glorifiés grâce à ce qu’ils font de leur savoir.
Mamoudou Boulléré Diallo, tél : +224 620 48 07 07