Leguideinfo.net : à l’occasion de la célébration de la fête d’indépendance guinéenne ce 02 octobre, la journaliste et activiste Moussa Yéro Bah a co animée un panel sur le thème : 66 ans d’indépendance : quels enseignements ? La présidente de l’ONG Femme Développement des Droits Humains en Guinée est partie des exemples simples pour expliquer, le passé, le présent et tenter d’éclaire le public sur ce qu’elle pense de l’avenir de la Guinée. La Directrice de l’Information à la Radio Espace a exhorté à la jeunesse de connaître l’histoire de son pays et de travailler pour son développement. Pour l’activiste, il faut faire pour contribuer à la construction de la nation. À ces côtés trois autres panelistes, Kadiatou Diallo, femme politique, ancienne conseillère communale de Matoto, Mamoudou Diakité Juriste et Thierno Hamidou Bah acteur de la société civile et promoteur de média.
« Les fils de ce pays sont complices de la situation de pauvreté dans laquelle périssent les Guinéens. Le problème de la Guinée c’est les guinéens. Les ressources humaines. En Guinée tant que quelqu’un n’est pas au pouvoir là, moi qui parle là tant que je ne suis pas arrivé quelque part là dans un poste de responsabilité, je fais mes preuves. Faut pas avoir confiance en moi ! parce qu’ ici je ne participe pas au pouvoir. Je ne suis pas au pouvoir mais on a vu des gens qui ont dénoncé avant d’être arrivés là-bas. On a vu ce que ça fait. On a un véritable problème de ressources humaines. Il y a un système qui gangrène et qui s’attaque à tout le monde. Et sur le plan social, la politique a réussi à nous diviser », fulmine Moussa Yéro Bah.
L’autre constat fait par les panélistes, c’est le combat contre la haine chronique qui habite certains guinéens. Thierno Hamidou Bah connu sous le nom de Frère Bah fait part de témoignages terribles sur la perception de certains guinéens vis-à-vis de leur pays la Guinée. Selon lui, il faut agir de telle sorte que seule la Guinée ait raison. Il pense que la solution réside dans la culture de la reconnaissance et de l’acceptation de l’autre. Il défend avec force l’ethnicité et combat avec vigueur l’ethnocentrisme.
« Il faudrait que les gens travaillent pour que la Guinée ait raison. Seule la Guinée doit avoir raison parce que quand c’est un guinéen qui a raison et que la Guinée a tort, n’est pas la raison, c’est ta raison à toi, mais ce n’est pas la raison mais quand la Guinée elle a raison, c’est-à-dire que tout le monde a raison », enseigne Thierno Hamidou Bah
Longtemps considéré comme l’un des premières causes de la pauvreté en Guinée, la corruption pourrait être une doublure forte qui est l’incompétence. C’est le constat du juriste Mamoudou Diakité. Après avoir intégré une stature parapublique, l’auteur est surpris de découvrir que plus de 60% des cadres de l’administration publique guinéenne sont utilisables.
« Pendant mes études universitaires, j’ai écrit un livre sur la corruption. Mais après que j’ai intégré une structure parapublique, et que j’ai compris comment fonctionne le public, j’ai compris tout de suite que le problème de notre pays, d’abord c’est un problème de compétences. Des ressources humaines. Honnêtement, les ressources humaines ça ne court pas dans la rue. Faut pas qu’on se mente, il y a des gens compétents mais franchement l’administration quand tu veux faire un examen sérieux. L’administration civile au moins 60 à 70% ne sont pas utilisables, c’est ça la vérité», révèle Mamoudou Diakité dans son exposé devant les jeunes de la Guinée Yigui et ses invités.
L’enseignante et femme politique Kadiatou Diallo, questionne le faible poids des textes juridiques en faveurs de la femme guinéenne. C’était l’occasion du panel organisé par la mouvement citoyen La Guinée Yigui pour marquer l’an 66 de l’indépendance de la république de Guinée. l’ancienne conseillère communale de Matoto, déplore l’incompréhension qui règne même aux sein des familles qui pourraient enfreindre à l’épanouissement de la petite fille. L’ancienne militante du parti Bloc Liberal regrette aussi le manque de solidarité féminine.
« Il faudrait aussi que les textes de lois encouragent aussi les femmes parce que les femmes, comme vous le savez, sont victimes de l’éducation que nous recevons dans nos familles. C’est quand dans vos familles respectives, on permet à la femme d’abord d’aller à l’école à la petite fille d’aller à l’école et de continuer ses études au même titre que les jeunes garçons et pousser ses études jusqu’à l’université ou jusqu’au bout des études pour penser, peut-être à s’engager dans la société civile ou dans les dans la politique. Parce qu’ on dit que notre pays c’est un pays à 70% d’analphabétisme mais il y a des femmes aussi qui ont une intelligence comme pas possible. Mais si dans les partis politiques on ne leur donne pas l’opportunité de s’inscrire pas dans les listes ça va pas être facile. Moi par exemple j’ai été mariée à l’âge de 13 ans et j’ai perdue ma mère après le mariage», relate Kadiatou Diallo, qui explique par ailleurs que c’est une femme qui a été utilisée pour la faire partir du parti Bloc Liberal de Dr Faya Millimono.
La culture du civisme, l’engagement des parents dans la scolarisation de la jeune fille, l’implication de tous dans le développement de la Guinée dans la vérité et l’honneur sont entre autres des conseils prodigués par les panélistes.
Compte-rendu : Mamoudou Boulléré Diallo
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