Leguide.info : les internautes guinéens ne ratent pas d’occasion pour réclamer le retour à la normale. Il y a un peu plus de deux mois maintenant que la junte au pouvoir a décidé de restreindre l’accès aux réseaux sociaux dans le pays. La dictature militaire assume d’ailleurs cet état de fait. Et sur le terrain les guinéens souffrent le martyr. Voici un exemple des témoignages que vous pouvez rencontrer sur la toile.

Ousmane BANGOURA
Je viens de tenter en vain de joindre un fichier de 16 Ko à un mail. C’est incroyable ! À chaque jour suffit sa dégradation. Aujourd’hui, 29 janvier 2023, le débit de l’internet est encore plus bas que l’épaisseur d’une lame en République de Guinée.
Nous sommes au-delà de la restriction des réseaux sociaux. C’est la coupure pure et simple de l’internet à cette époque de la révolution numérique. Époque de la digitalisation, précisément celle de l’intelligence artificielle. Au moment où les Sénégalais, Ivoiriens, Nigériens, Rwandais, Asiatiques, Américains, Européens… de notre âge aiguisent leurs talents et s’accrochent aux métiers futuristes.
Toutes les activités en lignes sont freinées : réunions, séances de travail, entretiens, formations, ventes, retransmissions, clavardages… Que sais-je encore ? Les compétences guinéennes ratent et s’éloignent de toutes les opportunités d’affaires et d’insertion accessibles via l’internet tant au niveau national qu’à l’international. Les rêves se brisent, la destination s’assombrit. Le présent démoniaque et privateur semble plus rassurant que l’avenir sans promesse.
À chaque instant, le pays recule et se refuse une place de choix dans le concert des nations. De VPN à VPN, nous nous battons péniblement et éperdument à garder les liens sociaux et professionnels. Les liens d’affaires aussi. Cela se passe bien en 2024 dans un pays où il y a des administrateurs publics qui ne savent pas encore envoyer des e-mails. Où les étudiants sont en fin de cycle sans jamais toucher à l’ordinateur.
« L’avenir est dans le digital ». Bien sûr ! Je n’en disconviens pas, mais certainement pas celui de la jeunesse guinéenne.
Ousmane Bangoura