Leguide.info : Le centre-ville de Kaloum a connu une matinée mouvementée ce jeudi, 1er février 2024. Connue pour son calme habituel, c’est au rythme d’une forte manifestation que les habitants se sont réveillés. Dès 5h les femmes de de la presqu’île ont pris d’assaut les rues et barricadé tous les accès menant au centre administratif guinéen. La colère est consécutive à la « mauvaise gestion » de l’incendie déclaré le 17 décembre dernier. Elles demandent la reconstruction de leurs maisons détruites suite à l’incendie du dépôt d’hydrocarbures et dénoncent la mauvaise gestion des dons.
« Le jour de l’incendie, certains parmi nous sont sortis de leurs maisons sans vêtements. Le président Mamadi Doumbouya en qui notre espoir repose, n’a pas compati à notre douleur. Maintenant nous réclamons la reconstruction de nos maisons. La Gouverneure de la ville de Conakry nous a manqué de respect. Elle nous a chassées de son bureau. Maintenant nous allons bravés l’interdiction de manifester », se lâche Fatoumata Sylla, l’une des manifestantes rencontrées au cœur du mouvement de contestation.
Elles ne sont pas venues dans les rues bredouilles. Ils avaient des pancartes avec une multitude de revendications : « on dort dehors à coronthie ; on a en a marre ; ça suffit ; à coronthie nous souffrons… ».

Cette manifestation est sans doute la résultante d’une profonde frustration à en croire les protestataires. Elles pensent que le président est mal ou non informé de leur situation.
« À ce jour, certains corps n’ont toujours pas été enterrés. J’ai deux membres de ma famille parmi eux. Le président doit être informé que les soins qu’il a financés à l’hôpital n’ont pas été dispensés, les patients sont rejetés par les établissements de santé. Si nos maisons ne sont pas reconstruites, si les patients ne sont pas soignés et si les corps ne sont pas enterrés, nous continuerons notre lutte », indique Kadiatou Sylla sur un ton colérique.
Ces femmes dénoncent également un détournement d’objectif. Elles affirment que les dons collectés ont été mal redistribués entre les victimes. C’est la principale préoccupation d’ailleurs.
Pour dire qu’elles sont déterminées, elles ont improvisé une cuisine en plein chaussée. Munies de leurs marmites et autres ustensiles de cuisine, elles ont pris le contrôle du centre administratif pour montrer le calvaire qu’elles vivent au quotidien depuis l’incendie du 17 décembre dernier.
Mamoudou Boulléré Diallo